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REGISTRES DU BUREAU
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cierent mesd. s", et promisrent en advertir le Roy et leurs maistres de telles faveurs et honnesles récep­tions de mesd. sr*.
qu'il estoit samedi, ypocras rouge et blanc, confic-tures et dragées et autres presens en la maniere acoustumée à telz ambassadeurs, lesquelz remer-
DCCLXVIII. — Lettres du Roy.
20 novembre i566. (H 1784, fol. 38o r°.)
Lectres du Roy, receues le xxe Novembre vclxvi, au dessus desquelles est escript :
A noz tres chers et bien omet,
les Prevost des Marchans el Eschevins
de la ville de Paris.
De par le Roy.
"Tres chers et bien amez, nous avons esté adver-liz qu'il arrive et se retire journellement en nostre ville de Paris plusieurs personnes inutilles, les­quelles ne faisans aucune profession d'art et mes­tier qui Ies puisse entretenir, et n'ayans legitime affaire ou occuppation qui les y doibve retenir, ne peuvenl estre en lad. Ville que pour y commectre plusieurs malefices, volleryes, meurtres et autres ex­cès, mesmes durant cest y ver que les nuytz longues peuvent favoriser leurs mauvaises intentions. Pour à quoy pourvoir, nous escripvons presentement au Prevost dud. Paris, ou son Lieutenant'1', qu'il s'em-ploye à repurger nostred. Ville de ceste vermine de gens, avec tel soing et dilligence que nous n'en ayons plus de plaincte, mais occasion de nous louer du devoir qu'il y aura faict, et sachant que de vostre part vous povez grandement ayder l'execution de cest affaire, nous vous mandons et enjoignons que vous ayez à convoquer et assembler tous les Quarte­niers, Dixiniers et Cinquanteniers de nostred, ville de Paris, ausquelz, vous ferez commandement dc s'enquérir si dilligemment de tous lesd, vaccabons qui sc retreuvent, au jour d'uy, en chascun de leurs quartiers, Dixaines et Cinquantaines, qu'ilz le vous puisse rapporter de sepmaine en sepmaine pour le faire entendre aud. Prevost et ses Lieuxtenans, ce qu'ilz en auront trouvé de leur part, et avec la dil­ligence qu'ilz y feront de leur costé, satisfaire d'au-
tant plus promptement et vivement à ce que nous leur en escripvons et qu'il est requis pour le repos de nostred. Ville et seureté des habitans. Vous char­gerez aussi lesd. Quarteniers, Dixiniers et Cinquan­teniers de s'informer, enquerir, voir et visiter pai­les maisons quelz gens estrangers arriveront de jour à autre en nostred. Ville, et de savoir leur estat, qua­lité et condition, et l'occasion pour laquelle ilz y seront venuz, affin que, après avoir entendu ce qu'ilz vous en rapporteront, vous le nous venez faire savoir et entendre, le samedi de chascune sepmaine, pour, selon Ies occasions, vous en commander nostre voul­loir et intention; mais n'y faictes faulte, car tel est nostre plaisir. Donné à Sainct-Maur-des-Fossez, le xx0 jour de Novembre mil vc Ixvi.n
Ainsy signé : CHARLES. Et au dessoubz : Bourdin.
. Suyvant lesquelles a esté ordonné que tous les Quarteniers, Cinquanteniers et Dixiniers seroient mandez pour eulx trouver demain vendredi, xxue jour de Novembre mil vclxvi, au Bureau de lad. Ville pour leur faire entendre la volunté du Roy.
Et led. jour dc vendredi, xxnejour dud. moys, sont comparuz lesd. Quarteniers, Cinquanteniers et Dixi­niers, à tous lesquelz ont estéleues haultement lesd, lectres du Roy, et après lecture faicte d'icelles, monsr le Prevost leur a donné à entendre verballement le contenu d'icelles, et leur a esté baillé seize mande­mens aux seize Quarteniers, en la presence desd. Cin­quanteniers et Dixiniers, dont la teneur ensuit :
De par les Prevost des Marchans et Eschevins
de la ville de paris. "Vous Jacques Kerver, Quartenier de lad. Ville, Cinquanteniers et Dixiniers, nous vous mandons, que
O Le 28 août précédent, Ie Prévôt de Paris et les Lieutenants civil ct criminel du Châtelet avaient déjà reçu des instructions à l'effet de se transporter en personne "dans les maisons et quartiers où se loge ung grand nombre de vagabondz et gens sans adveu , pour en faire capture et y mettre tel ordre que la Ville puisse estre purgée de telles gensn. Les mémes officiers avoient été pareille­ment chargés, le 16 août, de veiller à l'observation de "l'édit prohibitif dc porter pistolles, dont ordinairement se commectent meurtres et assassinats;-. {Archive* nationales, Parlement de Paris, X1' 161g, fol. 134 r°, 233 r°.) Ces mesures demeurèrent insuffisantes, à en juger par les ordres donnés au mois de novembre tant à l'Échevinage qu'à Ia Prévôté de Paris pour l'expulsion des vagabonds, ordres dont les registres du Parlement ne font aucune mention.